vendredi 30 avril 2010

Dans cette ville qui ne peut pas sombrer, tout est à recommencer*

Elle n'est pas leur mère et ce n'est pas la guerre. Les enfants ne dorment pas dans une roulotte mais sous une tente. Pour sauver leur vie, ce n’est pas les routes de l’Europe du XVIIème siècle qu’elle arpente mais les chemins défoncés et encombrés qui mènent à ce qui reste de la capitale de son pays dévasté. Les décombres qui l’entourent ne doivent rien à la folie des hommes qui, pour une fois, ne sont pas les coupables – pour autant elle n’a pas cessé de remercier Dieu tous les jours. Et de lui demander de lui donner la force de ne pas sombrer, le courage de continuer à vivre, pour elle et pour les autres. Le nom de Berthold Brecht ne lui dirait peut-être rien si on le lui soufflait, ni celui d’Anna Fierling et il est vrai qu’à presque quatre siècles et huit mille kilomètres d’intervalle, leurs histoires sont différentes. Il n’empêche: journée de la femme ou pas, Mère Courage, c’est un nom qui lui va bien. Elle vit en Haïti et elle est directrice de crèche – le nom que dans ce pays on donne aux orphelinats, ou plutôt aux maisons de la dernière chance où des parents qui ne sont pas morts mais démunis de tout peuvent amener leurs enfants, et les laisser. 


Le texte dans son entier sur le site d'Ecritures Colombines 

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